Source : www.cyberpresse.ca
Stéphane Da Costa est débarqué à Ottawa jeudi et s'est retrouvé sur une patinoire du Sensplex hier midi, patinant en solitaire avec l'entraîneur adjoint Luke Richardson.
Le nouvel attaquant se retrouvait bien loin du petit programme de hockey mineur d'une banlieue de Paris où il a donné ses premiers coups de patins.
Mis sous contrat jeudi à sa sortie de l'université Merrimack, Da Costa a fait ses classes dans des équipes juniors de Viry-Châtillon et d'Amiens, avant de traverser l'Atlantique pour aller jouer dans un circuit junior au Texas pendant un an. Par la suite, pendant deux autres années, il a joué à Sioux City, en Iowa, dans la United States Hockey League.
Très nerveux et excité
À la Place Banque Scotia pour sa première mêlée de presse, il s'est dit « très nerveux et excité » à l'idée de disputer un premier match dans la Ligue nationale de hockey, ce soir contre les Maple Leafs de Toronto. En anglais, ses réponses étaient très courtes, quelques mots seulement.
Il était nettement plus à l'aise de jaser en français de son aventure en Amérique du Nord.
« C'est quelque chose de spécial pour tous les enfants qui rêvent de jouer dans la LNH. C'est un gros moment et c'est pour ça que mes parents viennent pour me supporter, ainsi que mon frère (Gabriel). Ça va être un grand moment dans ma vie », a-t-il déclaré d'entrée de jeu.
Ses deux frères, Gabriel et Teddy, sont également des hockeyeurs qui ont amorcé leur carrière chez les professionnels en Pologne, avant de revenir dans la Ligue Magnus de France. Gabriel joue à Dijon, club qui a été écarté des séries par la formation de Rouen, qui aligne Teddy.
Ce dernier ne pouvait venir assister aux débuts de son jeune frère parce que Rouen disputait la finale contre Strasbourg, que son club, où on retrouve aussi l'ex-Olympique Mathieu Brunelle, a balayé en trois parties. L'aîné des Da Costa a compté deux buts hier dans un gain de 4-2.
Avec trois fils hockeyeurs, ses parents Thierry, un ancien joueur de handball de haut niveau en France, et Yolande ont fait beaucoup de sacrifices, on s'en doute. Mais le plus grand aura été de laisser leur plus jeune garçon partir à 8000 kilomètres de la résidence familiale à l'adolescence.
Pas un mot d'anglais
« Ça a été une grande décision de quitter la maison à 17 ans pour aller au Texas, pas tant pour moi que pour mes parents.
« Moi, je voulais y aller, j'étais un jeune gars qui s'en allait aux États-Unis, living the dream.
« Maintenant, je suis fier de l'avoir fait. Je ne parlais pas un mot d'anglais, c'est pour ça que je suis un peu nerveux lorsqu'il y a des interviews.
« J'ai essayé d'apprendre vite, si je suis resté en pension chez des Franco-canadiens à mon arrivée au Texas. Ils parlaient anglais au début, ça m'a aidé beaucoup », a-t-il raconté.
Son adaptation au hockey nord-américain a été nettement plus facile alors qu'il a produit 40 points, dont 23 buts, avec les Tornadoes du Texas dans la North American Hockey Association.
Il a enchaîné avec des saisons de 37 et 67 points avec les Muskateers de Sioux City.
« J'avais quelques chances de venir jouer au Canada (junior majeur), mais je pensais que je voulais faire de l'universitaire. Il y avait moins de risques, plus de temps de progression et l'école était importante pour moi », dit celui qui suivait un cours d'art général à Merrimack, qu'il a l'intention de terminer par le biais d'Internet.
Débarqué dans la capitale pour une audition de quatre parties en cette fin de saison, ce qui écoulera la première année de son contrat de deux ans paraphé avant-hier, Da Costa disait qu'il ne veut pas montrer quelque chose de particulier aux dirigeants des Sénateurs et à leurs partisans.
Prendre de l'expérience
« Montrer, c'est pas forcément le terme.
« C'est plus prendre de l'expérience, voir ce que j'ai à travailler cet été, la condition physique, tout ça, ce que je dois attendre », a-t-il dit, réitérant qu'il y est allé avec ma gut pour choisir Ottawa parmi la quinzaine d'équipes qui l'ont courtisé en tant que joueur autonome non repêché.
Pour ses débuts avec les Sénateurs, Stéphane Da Costa endossera le numéro 24 qui a appartenu auparavant pendant huit ans au défenseur Anton Volchenkov, parti l'été dernier au New Jersey.